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Actualité de la pensée de FOCH
vendredi 14 novembre 2008
(Date de mise en ligne : 12-01-2009)
Conférence par le Général de division Vincent DESPORTES ________________________
par le Général de division Vincent DESPORTES, directeur du Collège interarmées de défense.
C’est avec beaucoup d’humilité que je m’exprime ici car, contrairement, aux orateurs qui m’ont précédé, je suis très loin d’être un spécialiste de la pensée de Foch.
Ma légitimité, ce soir, est donc d’un autre ordre.
En fait, ayant été pendant trois ans en charge de la doctrine de l’armée de terre et me trouvant depuis cet été à la tête de ce qu’il faudrait appeler « l’Ecole supérieure de guerre interarmées », je me trouve être, momentanément, le très humble et très modeste petit successeur de Foch le penseur et de Foch l’instructeur.

Et j’affirme donc :
- oui, il faut redonner à Foch la place essentielle qui lui revient,
- oui, il faut apprendre à nos officiers à retirer le meilleur de l’excellence de sa pensée.
N’en déplaise à ceux qui veulent « achever Clausewitz » et qui feraient volontiers de même pour notre Maréchal, c’est bien de l’impertinente pertinence de leur modernité dont il faut parler. Pourquoi ? Parce que l’un et l’autre, au fond, se préoccupent du permanent, et que le permanent est bien plus structurant que le conjoncturel dans la guerre.
Les visages de la guerre peuvent changer – et ils changent tous les jours, de plus en plus vite, comme le monde lui-même – mais la nature de la guerre, pour sa part, ne change pas.
Elle ne change pas, parce que la guerre est d’abord un phénomène social, un phénomène humain et que l’homme, à la fois origine et acteur de la guerre, ne change pas.
Foch est limpide : « si l’on peut changer tous les dix ans notre armement, il y a une chose qui ne change pas : le cœur humain. »
Fort de ses travaux et de son expérience, Foch affirme régulièrement, tout au long de sa longue carrière, cette permanence des traits essentiels de la guerre.
« Une fois écartées les circonstances, nous voyons bien la guerre obéir aux mêmes principes supérieurs … Les perfectionnements de l’industrie modifient les formes de guerre, continuent l’évolution de cet art, mais sans provoquer de révolution, sans atteindre en rien les principes fondamentaux … La justesse des décisions à la guerre s’inspire toujours des mêmes considérations que par le passé ; les mêmes fautes se reproduisent amenant les mêmes échecs, l’art se puise aux mêmes sources …Les vérités fondamentales qui régissent cet art restent immuables, de même que les principes de la mécanique régissent toujours l’architecture, qu’il s’agisse de construction en bois, pierre ou fer, ou en ciment armé … il reste donc toujours nécessaire d’établir les principes de la guerre. »
Certainement, l’une des grandes modernités de Foch, c’est de penser à partir de la seule école de la guerre, qui est la guerre d’hier, mais pour en retirer les principes fondamentaux qui serviront dans la guerre de demain.
Ce qu’il prépare, ce n’est pas la guerre d’hier parce qu’il sait qu’elle ne reviendra pas, c’est bien la guerre probable, à partir des éléments de la guerre éternelle, celle des hommes.
Ainsi, de même qu’un grand chef militaire ne peut pas ne pas avoir lu et étudié Clausewitz, il ne peut pas non plus ne pas avoir lu et étudié Foch.
Je ne veux pas ici confondre l’un et l’autre.
Foch, bien-sûr, comme le disait hier le professeur Martin Motte « ne peut prétendre à l’universalité de Clausewitz ».
Leurs champs de réflexion sont différents, le premier traitant effectivement de la guerre, le second traitant de la conduite technique de la guerre. Le premier traite de « war », le second de « warfare » et les Principes de la guerre auraient dû s’appeler, plutôt, les « Principes pour l’action de guerre ».
Mais peu importe. L’un et l’autre valent au-delà du conjoncturel, l’un et l’autre sont des « maîtres ».
Il faut donc aujourd’hui relire et étudier Foch.
I - UN HOMME EXCEPTIONNEL
On trouvera d’abord en Foch un homme exceptionnel, qui vaut comme modèle, au-delà des années.
Homme de pensée (mais pas « intellectuel », parce qu’il pense toujours en homme d’action), stratégiste et stratège, l’homme est aussi un héros, celui qui a conduit, il y a un siècle, nous ne devons pas l’oublier, la France à sa dernière grande victoire à ce jour.
Rares sont les penseurs militaires à qui les événements donnent l’opportunité de confronter personnellement leurs théories à la vérité de la guerre. Encore plus rares sont les chefs qui parviennent au sommet des responsabilités et pratiquent ces théories avec un talent tel qu’ils en construisent de remarquables victoires.
Foch est de ceux-là.
Sa place dans l’histoire comme celle qu’il occupe dans la pensée en font, sans conteste, l’une des personnalités militaires les plus remarquables du siècle dernier.
Foch fait la guerre, mais il l’a réfléchie « avant », et n’a jamais cessé de la penser « pendant », afin d’adapter en permanence ses hypothèses à l’évolution des circonstances.
II – UN HOMME EXCEPTIONNEL DONT LA PENSEE ET L’ACTION VALENT D’ABORD PAR LA METHODE QUI LES FONDE.
21 - équilibre remarquable entre rationalité et pragmatisme
Le premier trait de la méthode est l’exceptionnel équilibre réalisé entre rationalité et pragmatisme.
Foch est tout l’inverse d’un dogmatique. C’est au contraire, fondamentalement, un « théoricien pragmatique » :
« à la guerre, le fait a le pas sur l’idée, l’action sur la parole, l’exécution sur la théorie … la seule solution, c’est l’application, variable selon les circonstances, des principes fixes … avec un seul critérium, la raison ».
« L’action l’habite et commande chacune de ses pensées », nous dit Paul Valéry.
Certes, pour lui, il existe des principes immuables mais pourtant, à la guerre, « les données ne sont que rarement certaines, elles ne sont jamais définitives.
Le grand mérite de Foch est d’avoir sans relâche insisté sur la constante nécessité de se libérer des pièges des théories préconçues.
Il personnalise, en quelque sorte, la réconciliation entre des principes fixes et l’existence de conditions toujours changeantes et différentes dans leur application.
Ce sont moins les principes qui doivent dominer que la finalité de l’action, définie non seulement dans l’étude des conditions de la mission, mais, plus encore, dans celle de son esprit, de son sens.
C’est là toute la force de « sa » question, empruntée on le sait à Verdy du Vernois : « De quoi s’agit-il ? ».
Or, cette recherche et cette adhésion au sens sont le fondement même de cette capacité d’adaptation qui apparaît aujourd’hui comme la qualité fondamentale du chef militaire.
22 - Ce pragmatisme le conduit à une vision particulièrement moderne du commandement
Cette prééminence de la finalité sur les modalités ou les capacités conduit Foch à distinguer de manière appuyée « l’obéissance passive », qu’il rejette, de « l’obéissance active, conséquence de l’appel constamment adressé à l’initiative ».
Pour lui, il ne peut y avoir discipline s’il n’y a conscience active, c’est à dire compréhension, adhésion, volonté et initiative.
Il propose ainsi une remarquable définition qui doit toujours être la nôtre :
« Etre discipliné ne veut pas dire qu’on ne commet pas de fautes contre la discipline ; être discipliné ne veut pas dire davantage qu’on exécute les ordres reçus dans la mesure qu’il paraît convenable, juste, rationnelle ou possible, mais bien qu’on entre franchement dans la pensée, dans les vues du chef qui a ordonné et qu’on prend tous les moyens humainement praticables pour lui donner satisfaction. »
Pour lui, soldat d’intuition, « vif argent » disait-on hier, l’efficacité repose sur la liberté d’action des subordonnés, mais sur une liberté encadrée par une totale discipline intellectuelle dans l’observation des intentions du supérieur.
A partir de la question du sens, de la compréhension de l’essentiel le subordonné, au contact de la réalité et seul à même de s’adapter aux circonstances si changeantes de l’environnement à la guerre, le subordonné doit pouvoir interpréter les ordres pour leur donner leur efficacité.
N’est-ce pas une vision particulièrement moderne, à ce point même qu’elle fonde aujourd’hui nos principes fondamentaux du « commandement opérationnel par l’objectif » » et notre paradigme du « caporal stratégique » ?
23 – Une méthode qui vaut par son appel constant au vécu
La modernité de la méthode Foch vient aussi de son appel permanent au vécu, celui de l’histoire militaire, celui des guerres que les autres font (je pense ici, en particulier à la guerre du Transvaal et à celle de Mandchourie dont il tire directement leçons), celui de ses propres combats (on lira dans cet esprit avec intérêt le texte jusqu’ici inédit, écrit en décembre 1915, intitulé « De nos dernières attaques » ; il a été publié dans la très récente édition des œuvres complètes de Foch, voulue et réalisée par le Pr. Jean Pavlevski, directeur des éditions ECONOMICA, qui rend ainsi un hommage trop attendu au Maréchal Foch)
Foch est clair : « pour entretenir le cerveau d’une armée, il n’y a pas de livre plus fécond que celui de l’histoire ». Il conseille « l’étude acharnée de la guerre » et en particulier l’étude de l’adversaire et de ses méthodes pour en enrichir les siennes et mieux faire face à l’Autre.
La méthode de Foch, c’est le travail. Foch travaille : il étudie l’histoire et il étudie les stratèges et les stratégistes. Il y puise en permanence le terreau pour sa propre réflexion. Il y trouve le fondement de notre victoire de 1918.
24 – Une méthode qui vaut par son volontarisme
Un autre trait essentiel de la méthode est l’incroyable volonté qui la fonde. « Je sais vouloir », dit-il. Il l’écrit, « victoire égale volonté ».
Cette formule résume la dimension spirituelle de Foch. Foch croit, rayonne d’énergie et de pensées fulgurantes. « Volant d’instinct à l’essentiel », il est « invinciblement attiré par la décision » nous dit encore Paul Valéry.
La juste combinaison de la raison et de la volonté, de l’intelligence et de la force, sont reconnus comme une marque particulière de son génie de chef militaire : ce qui permet au professeur puis au général en chef de s’imposer, c’est sa capacité à transmettre sa foi brûlante et son énergie d’abord à ses élèves, ensuite à ses armées, et, au-delà, au politique lorsque tout va mal.
Ces qualités de fermeté et de persuasion ne sont-elles pas essentielles aujourd’hui aux grands chefs militaires quand les circonstances de la guerre la rendent si peu compréhensible pour ceux qui n’en connaissent que les fausses images de leurs écrans numériques ?
III – UN HOMME EXCEPTIONNEL DONT LA PENSEE VAUT PAR SA PROFONDEUR
31 – une pensée claire, articulée autour de principes limités en nombre
Il n’est pas ici besoin de s’attarder sur les règles dont Foch considère qu’elles dépassent toutes les modifications des circonstances.
Ce qui est important chez Foch, c’est moins l’originalité de ses principes (assez largement énoncés avant lui) que les synthèses claires qu’il a su en réaliser, en distinguant le contingent du permanent.
Foch remet en permanence « l’église au milieu du village ».
Il revient toujours à l’essentiel et ramène ce qui peut paraître compliqué à des idées claires. Même si nous en retenons trois, Foch ne distingue au fond que deux principes fondamentaux, celui de l’économie des forces et celui de la liberté d’action, le troisième, la concentration des efforts, n’en étant, en fait, qu’une application.
Cette synthèse, née de sa rationalité pragmatique, c’est sa force et nous la conservons.
D’autres armées reconnaissent l’existence de principes beaucoup plus nombreux, mais l’analyse montre aisément qu’ils ne sont pas de même niveau, les plus importants impliquant les autres. Pour leur part, les armées françaises s’en tiennent à juste titre aux trois principes essentiels, même si elles les complètent de « corollaires ».
Elles ont raison ; le chef, dans l’esprit de Foch, doit partir à la guerre avec quelques idées forces peu nombreuses.
Le reste ne sera qu’application.
Pour Foch, à partir de ces principes, chacune des « situations doit être d’espèce pour répondre entièrement à la situation envisagée dans tous ses éléments »
32 – une pensée qui vaut par l’importance qui y est donnée au facteur moral Après la parenthèse historique de la guerre froide, nous redécouvrons un peu plus chaque jour, que la guerre est d’abord un outil de communication, outil d’action psychologique sur l’esprit de l’Autre, combattant adverse d’abord, responsable politique ensuite.
Nous savons donc que le facteur moral, des deux côtés, est essentiel. Foch le lit dans Ardant du Picq et le découvre dans chaque instant de l’histoire militaire. Il l’écrit :
« L’élément en jeu est ici l’être humain qui se conduit surtout par la pensée, les impressions … c’est qu’on ne se bat pas avec des chiffres, c’est qu’au dessus des effets matériels il y a un facteur moral. »
Il en déduit d’ailleurs, après le baron von der Goltz, que « tout ce qui se fait dans une armée doit avoir pour but d’accroître et de fortifier sa force morale. »
Héritier de Napoléon, de Clausewitz et de Moltke, si Foch estime que la bataille est l’élément le plus important de la guerre, l’élément moral est bien, cependant, pour lui, fondamental : « la guerre est le département de la force morale ». Celle-ci est « la volonté de vaincre, première condition de la victoire ». C’est cette force morale qui permet aussi la prise de risque qui s’avère une condition essentielle du succès.
S’il recherche la destruction de l’ennemi, son objectif principal demeure le moral : il faut organiser la bataille « pour briser le moral de l’adversaire. ». D’ailleurs, s’il cherche la destruction de l’ennemi, il perçoit cependant celui-ci comme un « système » et insiste sur le fait qu’il suffit de frapper en un seul point, pourvu qu’il soit le bon.
C’est davantage la cohérence de l’Autre, sa capacité à durer dans l’effort, qu’il cherche à détruire plus que ses forces.
Cette leçon, elle est bien la nôtre aujourd’hui.
Foch possède, en fait, une véritable vision systémique
On lit souvent Foch et sa bataille décisive comme on lit Clausewitz : trop vite. Foch ne veut pas la bataille pour la bataille, il l’a veut pour son effet. Et son effet voulu est de détruire le système adverse. Il ne voit pas l’ennemi comme une masse à détruire, mais comme un système dont on doit rechercher l’effondrement.
Il écrit : « l’ennemi est un être organisé »
Il en déduit que : « pour ruiner un adversaire, la condition nécessaire et suffisante est de détruire un de ses organes essentiels. »
Ne sommes nous pas ici au cœur de la « manœuvre indirecte » ou du « raisonnement par l’effet » qui nous sont si chers aujourd’hui ?
34 – Une vision d’abord erronée des rapports entre la stratégie et la tactique
On remarquera, au débit de Foch, que – comme Clausewitz et Moltke d’ailleurs – il se concentre essentiellement sur les problèmes terrestres et les seules dimensions militaires de la stratégie et que, comme ses maîtres prussiens, il considère initialement que la stratégie est un outil de la tactique, « ne visant qu’un résultat, la bataille ».
Mais, sur ce point, l’expérience de ses quatre années de guerre le ramènera à une compréhension beaucoup plus moderne des liens entre stratégie et tactique ; dans ce domaine, son pragmatisme lui permettra à nouveau, au moment où pour beaucoup tout semblait perdu, de conduire par la deuxième bataille de la Marne, en juin et juillet 1918, la France et ses Alliés vers la victoire.
Cette révolution intellectuelle, il l’avait déjà préparée par la réflexion. Dans les réflexions que l’on retrouve dans son texte jusqu’ici inédit intitulé « la préparation de la guerre » et écrit en 1910, il avance une théorie étrangement moderne qui replace bien la tactique et la bataille dans leur rôle d’outils privés de sens par eux-mêmes. Il dit ainsi :
« Toutes les particularités qui constituent le caractère de la guerre font qu’on n’y peut considérer qu’un résultat, le seul état final. Jusque là, rien n’est décidé, rien n’est gagné, rien n’est perdu. C’est ici qu’il faut répéter sans cesse : « la fin couronne l’œuvre » … La guerre est un tout dont les résultats partiels n’ont isolément aucune valeur et n’en prennent que par rapport au tout lui-même … Avant même qu’une guerre ne commence, on doit en embrasser tout l’ensemble et, dès son premier pas en avant, le général en chef doit avoir déterminé et ne plus perdre de vue le point vers lequel toutes les lignes de son plan de campagne doivent converger. »
Voilà bien encore une pensée fondamentalement moderne et que nous réécrivons aujourd’hui dans nos doctrines pour redonner la priorité à l’effet sur sa cause et au résultat final – que nous appelons état final recherché – sur nos premières batailles.
Foch nous dit, et nous le réapprenons aujourd’hui, que « la guerre est un tout organique » et que donc seule la réalisation de la fin peut légitimer les moyens.
La légitimité se juge bien toujours, aujourd’hui, ex post, c’est tout le problème de nos champs de guerre !
Il en déduit « qu’il conviendra, d’un bout à l’autre des opérations de ne jamais perdre de vue le but à atteindre et de ne jamais faire un pas sans songer au suivant jusqu’au dernier » .
Nous disons exactement la même chose aujourd’hui lorsque nous affirmons que les opérations et les manières de guerre doivent se concevoir et se construire à rebours, à partir de l’état final recherché.
J’en viens à ma conclusion.
Avec d’abord un avertissement. Foch est issu de notre propre culture et ses évidences sont les nôtres. Mais il ne faut pas en déduire que ses principes sont universellement partagés. Je pense en particulier ici au principe de concentration. Il nous paraît universel, mais il n’est pourtant pas dans la culture chinoise, par exemple, où l’art sera plutôt d’éviter la bataille, donc la concentration, et de laisser l’autre s’user sur sa propre patience et sa propre perception du temps long.
Je pense ici aussi à la bataille décisive et au volontarisme fochien. D’autres cultures, préférant laisser l’événement advenir jusqu’à ce qu’il soit favorable, y verraient de graves fautes intellectuelles. Les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui sur nos champs de guerre montrent bien que si les principes de Foch valent, leur valeur est conditionnée à la bonne compréhension préalable que l’on doit avoir de l’Autre dans leur application.
Cet avertissement me paraît important, mais il n’est surtout pas rejet.
Car, oui, bien-sûr, je le réaffirme avec force, il faut relire Foch, Foch dégagé des spécificités de son temps, pour en retirer toute la richesse des enseignements, ceux d’un chef victorieux qui, selon le mot de Weygand, a toujours cherché à fortifier chez ses élèves « la personnalité, le caractère et l’esprit de décision ».
L’une de ses grandes leçons, c’est celle de l’importance du travail, essentiel pour la formation du chef militaire.
« Pour pouvoir, il faut savoir » : sur le champ de bataille, « on fait ce que l’on peut pour appliquer ce qu’on sait ; dès lors, pour y pouvoir un peu, il faut savoir beaucoup et bien ».
Il faut donc, pour l’officier, une formation intellectuelle et morale, fondée sur l’acquisition d’un savoir historique, et assurant l’aptitude à raisonner et à décider vite. C’est bien dans ce domaine que l’on retrouve son enseignement essentiel, délivré dès le premier chapitre de ses Principes : « Apprenez à penser ».
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